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JPMS 2010 03/02/2010

Premier évènement tangible de la reprise de la saison, les JPMS ouvraient leurs portes dimanche et lundi derniers. Comme d'habitude, une délégation du T6A était présente, afin de rencontrer partenaires présents et potentiels.
Le moins que l'on puisse dire est que le bilan de ces journées est très contrasté. Si pour le team, les choses se sont globalement bien passées, voire même très bien, il en va tout autrement de l'impression générale, tant sur le salon qu'au niveau des participants. Le maître mot ? Déprime !
De prime abord, il semble bien que seul, le commissaire général du salon, dans son éditorial du guide du salon soit le seul à afficher un optimisme débordant, qualifiant même les JPMS "d'arme anticrise". Apparemment, il est le seul convaincu. Il se félicite également du remplissage du salon en termes d'exposants. Certes, mais à quel prix ?

Une floraison de distributeurs de casques tous plus "fashion" les uns que les autres et aux noms dont la connaissance ou la reconnaissance résonne curieusement dans le vide, mais dont le lien avec la moto apparait aussi évident que celui d'une poule avec un mp3…
Une volonté affichée quasi hystérique (et plus que douteuse quant aux motivations réelles qui relaient très curieusement le discours institutionnel d'un grenelle dont on connaît l'inefficacité chronique depuis son –très- supposé succès) de tendre vers un tout électrique agaçant au point de présenter des voitures. Journées Professionnelles MOTO & SCOOTER, était-il annoncé. L'ouverture à ses limites…

Une pléthore de fabricants chinois, en nette augmentation, qui semblent se passer sans problèmes de distributeurs nationaux en faisant l'article eux-mêmes. Et qui sont également premiers bénéficiaires de cet engouement pour la fée électricité, inondant le salon de copies multiples et variées de scooters européens ou japonais devenus célèbres, mais en version électro-muselée et "grenello-compatibles".
Un remplissage plutôt contestable et inquiétant sur l'idée qui est faite du bon vieux moteur thermique.
Reste les exposants traditionnels, défenseurs de la moto et de son industrie. Défenseurs ? C'est à voir. Les motivations de leur présence est parfois surprenante : "obligation de se montrer", "faire croire que tout va bien" sont des leitmotivs un peu trop entendus. L'abattement, le défaitisme et la déprime sourdaient de tous les coins d'Eurexpo, Terre d'asile des JPMS.

En clair, tout va mal, on va tous crever !
Tout est perdu, alors ? Non, non, et non, définitivement. Pour reprendre les mots d'un équipementier exposant, "il ne faut pas oublier qu'on a quand même la chance de travailler dans ce qui est une passion". Il a raison, cent fois raison. Mais évidemment, certains vendent la moto comme ils vendraient des casseroles ou des chaussettes, et n'ont parfois même jamais posé leurs fesses sur une moto. Donc, la passion…

Est-ce la chance, ou le fait que les caractères qui se ressemblent s'assemblent, mais les partenaires du T6A n'affichent pas cette morosité de mise, bien au contraire. Il existe encore quelques (trop rares) exposants qui ne cèdent pas à ce fatalisme défaitiste, et qui se disent même encore plus motivés. Personne ne nie le contexte économique particulièrement difficile, mais la "crise", puisqu'il faut bien lâcher le mot, est avant tout une posture psychologique, un état de léthargie dans lequel, pour reprendre le titre du livre de Patrick Darmon, "il est urgent de ne rien faire".
L'autre solution consiste à pédaler deux fois plus pour, si ce n'est augmenter les bénéfices, au moins réduire les pertes et donc continuer à avancer. Certains exposants revendiquent une excellente santé, d'autres une santé peut-être plus fragile, mais on se soigne, on ne lâche rien.

C'est donc avec des partenaires ancrés dans cette volonté de progresser que le Team a pu discuter des engagements des uns et des autres pour la saison 2010, qui, d'un avis général, sera encore plus difficile que la saison 2009. Si certains se sentent à l'agonie suite à la précédente année, qu'on appelle les prêtres et qu'on commande les requiems, cela pourrait bien servir dans les prochains mois.
Alors au final… loin de moi l’idée de vouloir fustiger à tours de bars, et de jeter la pierre, mais il faut tout de même parler vrai : ce salon aura été à l’image de l’ambiance générale actuelle : triste, morose, voire déprimant, orienté vers certaines dérives discutables, et il est à souhaiter que le prochain redresse la barre vers l’essence même de son origine au lieu de flirter avec des concepts dérivatifs qui risquent de mettre en péril les fondements mêmes de notre passion.
Pour finir sur une note plus gaie, ce salon aura tout de même été bénéfique pour le T6A, et ses aboutissants devraient engager de belles choses cette saison. Comme quoi le positivisme, ça eût payé, et ça paye encore.

"In hoc signo vince"                       
Nicolas Gehin-Manga                      

Responsable de communication du Team 6ème Avenue