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Ultimate Rallye, Maire, c'est aussi le père... 09/07/2010

Ce n'était pas une première pour Michel qui avait déjà tenté l'aventure précédemment, mais tout de même… L'Ultimate Rallye n'est pas une épreuve anodine, et chaque participation reste un événement.
Cette fois-ci, Michel décide de partir directement depuis Genève pour le point de regroupement Nord-est, à Mulhouse. Une bonne bouffe chez les potes à l'arrivée et tous les participants se retrouvent à la concession de Philippe Donichal. Ils ne sont qu'une dizaine, mais leur parcours semble être particulièrement gratiné.
Rappelons que le principe de l'Ultimate Rallye est de faire partir les concurrents de 4 zones géographiques distinctes pour se retrouver après un parcours dit "de concentration" d'environ 600 kms.

Les participants doivent rejoindre un point central d'arrivée (en l'occurrence Marcillat en Combraille, dans l'Allier) d'où commencent  deux jours de spéciales. Voilà pour les réjouissances.
Comme disait cet heureux gagnant du Loto : c'est le jeu, ma pôv' Lucette…
Le trajet n'épargne ni les hommes, ni les machines : petites départementales perdues au milieu de nulle part, chemins de terre improbables, franchissements aléatoires, le décor est planté. Michel aussi : il chute dans un petit chemin boueux après avoir joué les David Vincent : "Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva". (cf "The Invaders").

Là s'arrête la comparaison, car fort heureusement, ses compagnons d'infortune l'ont sorti de ce mauvais pas et tout le monde a pu reprendre la route normalement. Effet bénéfique : la poussée d'adrénaline acquise dans l'affaire permet à notre vaillant rallyman de rester éveillé et de rejoindre l'arrivée, certes avec une heure de retard sur le délai, mais à bon port ! Et c'est bien là l'essentiel. Cette escapade restera un magnifique souvenir pour Michel, grâce à une météo exceptionnellement douce et au compagnonnage d'une lune pleine et ronde, gardienne de la quiétude de notre aventurier. Fin du prélude.

Hé ! Oui : Prélude seulement, car ce qui apparaît déjà comme une épopée ne fait que préfigurer la suite.

Michel se lance dans la préparation de l'étape du jour avant de tenter de gagner les bras de Morphée, grâce au soutien de quelques amis qui lui ont préparé une tente, un matelas et un joli oreiller rose (important, le rose…) sur lesquels il se jettera avec délectation. Pas longtemps, malheureusement, la chaleur aidant, il ne trouvera le sommeil qu'une petite heure. Toujours ça de pris.
Le premier souci du jour est de remettre en état la moto, une vénérable 650 NTV (oui, une moto de coursier…) et de vérifier les divers éléments. Mauvaise surprise Michel se rend compte de l'état cadavérique de ses plaquettes de freins. Ca se change, il le sait, mais là, il a oublié. Il va donc décider de rouler l'étape d'environ 400 kms "à la cool", afin de ne pas prendre de risques.  A l'arrivée sur le circuit de la Châtre, un coup de téléphone est passé à un garagiste moto de Montluçon. Non seulement celui-ci trouve les bonne plaquettes mais il les fait parvenir à Michel le soir même, au parc coureur à Marcillat. Un gros gros merci à lui…

Du coup, quand Michel arrive vers 21h00, il n'a qu'à préparer son road book et manger un morceau pendant que sa moto retrouve un freinage digne de ce nom grâce à quelques bons collègues. Et c'est tant mieux puisqu'il reprend le guidon deux petites heures plus tard pour une étape de nuit amputée de plus de la moitié du tracé (99 kms au lieu de 200), ce dont personne ne se plaint vu l'état de fatigue général.
C'est au cours de cette étape que Michel va vivre  son aventure la plus…étrange, la plus "space" (en djeunzs dans le texte)…

Juste avant la première spéciale, sur un bout de route, pas très loin d'une habitation, Michel se retrouve nez a nez avec un autochtone visiblement imbibé avec de la production locale, aux antipodes du Perrier ou de la Vichy.

Celui-ci l'arrête et commence à l'agresser, cherchant à démonter le road book et les systèmes de navigation. Il est heureusement maîtrisé par trois de ses congénères légèrement moins  alcoolisés et arrivés in extrémis avant qu'il ne transforme la moto de rallye en ersatz de prime à la casse. Ni une, ni deux, Michel ne demande pas son reste et enquille la première pour s'extraire de ce guépier.
Il apprendra par la suite que le "gugusse" aura récidivé avec un autre pilote, lui fauchant sa clef de contact, avant qu'il ne finisse avec les seuls amis que lui autorisait son état : les fonctionnaires de la Maréchaussée, qui lui ont offert le gîte pour le restant de sa nuit déjà bien agitée.

Le retour s'effectue vers les 3 ou 4 heures du matin ce qui permet à notre rallyman extrême de se reposer jusqu'à 7h30, le départ de la dernière étape étant prévu à 9h00. Ce sont pas moins de 400 kms prévus au programme. La moto marche bien, surtout depuis le changement de plaquettes et Michel tient un rythme soutenu pendant les liaisons. C'est une belle dernière étape avec de jolies petites routes très sympas,  faites pour l’Ultimate Rallye. Du bonheur…
Que dire à l’arrivée, sinon que l'on ressent évidemment la joie d’avoir fini. Plus encore, d'avoir vu la ligne d'arrivée pour la deuxième en deux ans, suite à une édition qui semble avoir gagné en difficulté, bien que les temps de repos aient été augmenté, ce qui n'est pas un mal, loin s'en faut.

Alors, le classement est certes anecdotique, mais tout de même,  il mérite d'être relaté : Michel finit 42ème, sachant que seuls 55 pilotes ont terminés classés sur les 99 partants. Il est également un des 13 pilotes à avoir fin i classé lors des deux éditions. Ce n'est donc pas anodin d'autant qu'il améliore sa performance de l'année précédente, sur une moto qu'on imagine à peine autrement qu'avec une caisse en aluminium filant sur le périphérique entre les voitures. Annemasse (villégiature de la famille Maire) y a donc gagné en rallyman ce que Paris y aura perdu en coursier. Qui s'en plaindra ? Pas le T6A ni l'intéressé lui-même…

"In hoc signo vince"
Nicolas Gehin-Manga "WebM"